Un Neko n'existe que pour servir son maitre, enfin, en principe... [ Yaoï, Yuri et Hentai autorisés, NC -16 ]

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 Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan

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MessageSujet: Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan   Mer 14 Juil 2010 - 10:55


Acte d'amour ...

Jouissance douloureuse du bonheur

Deirdre - Eoghan


    ~~~

    La naissance est un acte sonore, une action qui engendre le bruit :
    chaque naissance est un cri qui se déroule, se répercute à travers la vie.
    [Yvette Naubert]


    « Eo.. Eoghan... »

    Deirdre s'était arrêté en plein milieu du salon, sentant quelque chose de mouillé coulé sur ses jambes. De mouillé et de chaud. En effet, elle n'était vêtue que d'une robe légère et des habituels sous-vêtements, étant dans un été assez chaud. Et lorsqu'elle baissa la tête, elle se rendit compte que la poche des eaux avait percé, laissant celles-ci s'écouler.

    Elle avait perdu les eaux.


    L'acte de naissance est un acte d'amour entre la mère et l'enfant ;
    une jouissance douloureuse pour l'un et pour l'autre...
    [Dominique Blondeau]


    Un cri. Un cri soudain.
    Voilà ce qui s'échappa des lèvres de Deirdre qui se crispa soudainement. Posant une main sur le meuble le plus proche d'elle, la deuxième alla se crisper sur son ventre. Elle sentait ses muscles se contracter les uns après les autres, provoquant une douleur vive, si vive que ce fut qu'un cri qui perça le silence bruyant de la maison, seulement troublé par une douce mélodie au piano. Une mauvaise note s'éleva alors tandis que son fiancé se retournait, paniqué. La jeune femme lui aurait bien offert un sourire rassurant et un regard tendre mais tous ses traits se retrouvaient crispés par la douleur, et elle se mordit la lèvre pour retenir éventuellement un second cri, qui ne tarda pas à percer le silence quand même. Ses doigts étaient tellement crispés sur le meuble que ses jointures devinrent blanches. Et elle se mit à trembler. Son fiancé fut à côté d'elle à une vitesse vertigineuse, un air inquiet sur le visage. Elle réussit à lui balbutier entre deux gémissements de douleur d'aller chercher la voiture. Heureusement que le médecin les avait prévenu que le bébé risquait d'arriver en avant : en effet, il avait trois semaines d'avance. La valise était prête, à côté de la porte. Deirdre ne sut pas exactement combien de temps Eoghan mit à mettre la valise en quatrième vitesse dans la voiture puis revenir pour l'aider à s'y installer.

    Plusieurs crispations de ses muscles suivirent, lui arrachant à chaque fois un nouveau cri. Se crispant puis abaissant le siège de la voiture au maximum elle tenta de se calmer et de se détendre, malgré ses mains crispées sur son ventre, voilà que la naissance semblait se profiler plus vite qu'elle ne l'avait prévu ; était-elle finalement prête pour cela, du haut de ses 18 ans ? Bon, elle en aurait 19 dans peu de temps mais c'était tout de même jeune pour un premier enfant, et l'anxiété la gagnait, sans beaucoup de raison cependant. Si elle n'était pas assez formée ? Si son bassin n'était pas assez large ? Si elle devait avoir recours à une césarienne ? À une péridurale ? Rien qu'à cette pensée elle eut un frisson qui la parcourut entièrement, lui étouffant un énième cri. Rien que d'imaginer une aiguille de la taille d'une aiguille à tricoter s'enfoncer dans sa colonne vertébrale... elle gémit doucement et tenta à nouveau de se détendre en respirant profondément et lentement, sachant pertinemment que son fiancé était dans un état de nerf pire que le sien, surtout au vu de sa conduite encore plus rapide habituellement et ses coups de volants – bien que surs d'eux – trop brusques pour être naturels. Lentement, elle tenta d'engager la conversation, sans l'entrecouper de gémissements de douleur, afin de se détendre tout autant que lui-même.

    Malgré tout, le chemin fut long, long et tendu. Anxieuse, elle respirait profondément et rapidement, tentant de se détendre au maximum : elle n'avait strictement aucune idée de la façon dont elle allait accoucher. Enfin si, elle le savait en gros bien sur, mais rien de bien défini cependant, en effet, elle n'avait connu que les cours de théorie dans son enseignement scientifique, ils décrivaient comment grandissait le bébé, enfin ce genre de truc, pas comment le faire sortir cependant. Poussant un soupir, elle essaya de se vider la tête en fermant les yeux et tentant de se mettre à somnoler un peu, se détendre totalement : peine perdue au vu des gémissements de douleur que lui procuraient ses splendides contractions. Mais malgré toute cette douleur, elle était heureuse. Elle allait être mère, donner la vie.

    Tournant la tête, elle posa sur son fiancé le regard le plus tendre et amoureux qu'elle eut jamais accordé, même si elle ne le vit pas, les yeux rivés sur sa route. Elle allait être mère, lui accorder le bonheur d'avoir une famille, une vraie : la sienne, la seule et unique. Souriante, elle oublia presque la douleur l'espace de quelques secondes, s'imaginant dans quelques semaines, tendrement entourée par sa famille, assise quelque part à chanter pour son enfant, le berçant dans ses bras, sous le regard tendre et protecteur de l'homme de sa vie, qui jouerait peut-être du piano, ou viendrait s'amuser avec le bébé. Elle résista à l'envie d'aller caresser son bras du bout des doigts de peur de le déconcentrer dans sa conduite, avant de se faire brusquement rappeler à l'ordre par son ventre qui se contractait à nouveau. Le garçon allait leur donner du fils à retordre, il n'y avait qu'à le sentir bouger comme un frénétique – un petit Kaleb.

    Il serait tout aussi beau que son père, il n'y avait pas de doute, mais lorsqu'elle se mit à penser à ça, la maternité se profilait à l'horizon. Il s'arrêta sur la première place de parking venue. Il était réellement stressé ... Ou stressé n'était pas le mot, angoissé était plus juste. Elle sentait toute sa nervosité : il allait être père pour la première fois. Ce que redoutait la jeune rouquine était également pendant l'accouchement, le stress qu'allait avoir Eoghan, qu'elle soupçonnait ... enfin, soupçonnait. Elle savait pertinemment qu'il insisterait comme un forcené jusqu'à être à côté d'elle pendant cela. Elle se glissa dans ses bras, et avant qu'il ne tente de la porter – ce dont elle doutait qu'à moitié qu'il tenterait pour la soulager – elle lui souffla difficilement, la respiration légèrement heurtée :

    « Je peux marcher, aides-moi juste. »


    Les vertiges la prirent et elle plissa les yeux, les cligna et cela se calma temporairement. Il fallait au moins qu'elle tienne le temps de l'accouchement, se serrant contre lui, passant un bras autour de sa taille, l'autre sur son ventre, marchant en direction de la maternité le plus vite possible dans son état. Captant encore une fois la tension de son homme, elle sourit doucement et lui souffla à l'oreille :

    « Calmes-toi mon amour, tout se passera bien. »

    Tentait-elle de le calmer, ou de se calmer elle-même ? Lentement, ils arrivèrent aux portes et s'engouffrèrent dans le couloir, où elle décida de laisser faire Eoghan, retenant ses gémissements de douleur en public.


Dernière édition par Deirdre Kii H. Ytherfild le Sam 28 Aoû 2010 - 15:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan   Sam 24 Juil 2010 - 16:31

Le jeune homme joue, sans se soucier du monde extérieur. Sa bulle se limite aux murs d'un blanc crème, délimitant ainsi la pièce de la salle à manger. Le bois du piano est chaud, il peut le sentir. L'instrument est vivant, et lui prouve à sa façon qu'il est un être comme les autres. D'ailleurs, il lui a longtemps semblé que son seul et unique ami était cet objet gigantesque, qu'il s'employait à lustrer avec amour. Un piano ... en quoi était-ce réellement différent d'une femme ? Son coeur, c'était ses cordes qui vibraient à chaque fois qu'il enfonçait une touche couleur d'ivoire. Il avait besoin d'amour et de patience pour apprendre à le maîtriser. Et puis, comme une relation qui se construit peu à peu, ils avaient fini par apprendre à se reconnaître l'un et l'autre. Il connaissait ses points sensibles. Et le piano, lui, ne demandait jamais rien de plus que de lui dispenser un souffle de paix à sa demande. Il lui suffisait de laisser aller ses mains. Même le siège de cuir semblait de connivence avec eux.

Emporté par son art, il n'avait presque plus besoin d'observer la partition qu'il avait du fixer des heures et des heures avant d'être sûr de lui et de pouvoir jouer sans avoir à s'y référer sans cesse. Il brûlait d'envie de fermer les yeux, de faire pleinement confiance à ses doigts pour qu'eux-mêmes le guident afin de l'emmener loin... très loin ... jouer une ode d'amour à sa femme qui se tenait non loin derrière lui, occupée à il ne savait plus quoi.


« Eo.. Eoghan... »

Oh, avait-elle un problème ? Dans un état de transe impressionnant, l'intéressé ne comprit pas tout de suite la détresse de cette petite voix soudainement toute faible qui avait geint son nom discrètement. Il arrivait. Sans trop de regrets, il s'arracha à la plénitude que lui avait apporté la musique pendant une poignée de minutes arrachées au cours normal du temps. Il avait presque terminé lorsqu'un son horrible, qu'il ne pouvait tolérer si il sortait de la bouche aimée, le fit tressaillir et rompit alors sans charme la ravissante mélodie qui s'était jusqu'alors élevée afin d'embellir le cadre.
Il se retourna avec violence, et alors durant quelques secondes, il lui parut impossible de réfléchir. La coupure entre le monde du réel et celui de la musique avait été trop crue pour lui permettre de comprendre que cette flaque qui avait coulé entre les jambes de Deirdre n'était pas censée être là.

Il n'avait jamais vu ça que dans les films ... mais cette fois, c'était à lui que la chose arrivait. Il voyait sa fiancée perdre les eaux ...


* Non, pas déjà ... *

Il n'était pas prêt. Elle n'était pas prête. Ils n'étaient pas prêts, tout simplement. Mais quel couple de parents avaient-ils jamais pu le prétendre ? Sa compagne s'appuyait au buffet, pliée et en proie à une souffrance qu'il ne supportait pas, et qu'il aurait volontiers pris entièrement sur lui si cela pouvait la soulager un tant soit peu ... Mais c'était impossible. Comme il avait l'habitude de faire, il laissa passer trois secondes. Trois infimes et éternelles secondes, le temps de laisser la peur faire son oeuvre et le paralyser jusqu'au plus loin dans ses veines. Puis, retrouvant son sang-froid, il se releva et en un bond, fut près d'elle. De toute évidence, Deirdre faisait des efforts surhumains pour étouffer la douleur autant qu'elle le pouvait. Voilà que sa lèvre inférieure s'en trouvait durement sacrifiée, et ce tableau lui arrachait le coeur. Il avait trop vu les personnes aimées souffrir à sa place ... Il ne tolérait plus cela.

Enfin, il l'entendit à peine lui demander de chercher la voiture : il ne l'avait pas attendu et avait déjà bondit sur ses clefs, en même temps qu'il actionnait le portail à l'aide de la télécommande. Enfin, il ouvrit en grand la porte d'entrée et courut porter la petite valise en prévision du jour J dans la voiture - manquant de se refermer la portière sur l'index au passage -, puis revint en trombe près d'elle. Sa belle petite déesse, toute recroquevillée sous l'effet terrible que le prémice de l'accouchement engendrait sur sa frêle silhouette... Terriblement soucieux, il empêcha grâce à une volonté de fer de laisser s'insinuer des pensées mauvaises : n'était-elle pas encore trop fragile ? Elle n'était pas totalement remise de ses années de jeune, précaires et instables sous le joug de la drogue !
Mais non, il devait faire confiance au gynécologue ... rester calme. Pour elle. Pour lui offrir une épaule solide et ne pas la traumatiser davantage qu'elle ne devait déjà l'être.

Il la porta à moitié jusqu'au véhicule, dehors, tâchant de la ménager autant que possible sans pour autant traîner. Il craignait qu'elle ne s'effondre avant d'arriver, mais son inquiétude était non fondée, et elle put s'asseoir, bien que grimaçante, sur le siège côté passager. Peut-être aurait-il du l'allonger derrière, mais pour rien au monde il n'aurait voulu maintenir une distance aussi grande entre eux deux ( aussi insignifiante fut-elle pourtant ... ).
Il démarra avec une rare violence et pivota au risque de se faire un tour de rein, manoeuvrant pour reculer et ainsi faire face au portail. Puis, ce serait le pied au plancher ...
Les gémissements de son amante le faisaient se crisper, jusqu'à ce que le bout de ses doigts eux-mêmes fussent gourds, tellement il était tendu.
Même si le temps lui avait apporté une parfaite abhorration de tout ce qui traitait au religieux, il ne put s'empêcher de maugréer en silence contre ces torturés qui se complaisaient à répéter que Dieu avait ordonné la phrase la plus abominable de la Bible : " Tu enfanteras dans la douleur " . Un tel sadisme dans la bouche du soi-disant Père du genre humain le laissait pantois et révolté...

L'autoroute n'avait jamais défilé aussi rapidement. Il doublait tous les véhicules sans distinction, ses coups de volants aussi solides que sa volonté de faire vite, sa mâchoire crispée à en hurler à chaque gémissement ou cri de souffrance de Deirdre. Inconsciemment, il appelait sa mère, lui demandait de lui venir en aide et de lui transmettre toute la force dont il aurait besoin pour affronter sa peur. Elle aurait su trouver les mots pour le rassurer et prendre en partie sur elle les inquiétudes de son fils. Elle aurait su lui faire retrouver confiance en la vie et le destin qui les avait tous deux réunis et qui leur avait d'autant plus offert un enfant. Et il était simplement temps que cet enfant vienne au monde. Cette fois, il lui semblait que c'était son père qui lui conseillait de se réfugier entre les murs rassurants et épais de la logique. Une logique résistante, et qui ne souffrirait pas des coups portés par son imagination troublée par les événements.

Tout de même, un soulagement extrême l'envahit lorsqu'il put enfin prendre la sortie d'où l'on pouvait voir l'hôpital, fier bâtiment immaculé visible de loin. Tant pis si il risquait l'amende, quelque chose de bien plus important était en jeu, aujourd'hui. Prenant tout de même garde à éviter les piétons circulant sur le parking de l'hosto, il se gara d'un seul coup de volant sur une place de parking pour handicapé, aussi près que possible de l'ouverture. Rapidement, il jaugea de la distance qu'ils auraient à parcourir à pied. Pourvu qu'elle tienne encore un peu ... A peine arrêté, il bondit hors de la voiture, referma violemment la portière derrière lui et ouvrit celle de sa femme, qui parvint aussitôt à trouver le refuge contre son torse. Verrouillant le véhicule, il s'apprêtait bien entendu à la porter pour lui épargner de nouvelles contractions douloureuses, mais elle le devança et il fut frappée par le ton faible de sa voix :


« Je peux marcher, aides-moi juste. »

Beaucoup trop pâle, il se traita mentalement d'idiot : il aurait du lui prendre quelque chose à manger ou à boire ... elle paraissait au bord de l'évanouissement, et il la maintint solidement contre lui dans le but de lui épargner le minimum d'efforts. Elle s'accrocha à lui avec une confiance qui le toucha, même dans cette situation extrême, et ils avançèrent, lui ne la quittant pas des yeux.

« Calmes-toi mon amour, tout se passera bien. »

Comment diable parvenait-elle à garder un tel sang-froid ? C'était impossible ! Elle était si jeune, si petite ... mais tellement courageuse ! Après tout, au vu de son passé, elle avait du se rôder au fil des mois passés à survivre. Pourtant, quelque chose lui soufflait également qu'étant donné de son appartenance au sexe masculin, il ne pourrait jamais comprendre ce que ressentent ces femmes au moment de donner la vie. Peut-être était-ce une sorte d'instinct ancestral qui lui soufflait qu'elle survivrait, que cette étape était la plus naturelle et la plus nécessaire qui soit ? Quoi qu'il en soit, il ne dissimula pas son admiration en posant un baiser sur sa tempe.
Enfin, les portes du hall s'écartèrent, et il ne tint plus. Oubliant la demande de l'adolescente, il la souleva de terre et la porta entre ses bras, franchissant en quelques enjambées la distance qui les séparait de l'accueil. L'hôtesse n'était pas stupide, et ne perdit pas de temps à appeler les équipes nécessaires pour prendre en charge la future mère.

N'ayant qu'à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivait, on lui arracha Deirdre des bras, et il dut se faire violence pour réaliser que le but était de la sauver et de commencer le travail de l'accouchement ... non de lui faire du mal. Cependant, il ne voulait pas la quitter ... pas encore.


" Monsieur ...? "

Reprenant pied, il se tourna vers une infirmière qui exprimait un visage particulièrement serein en la circonstance, ce qui le frappa.

" Veuillez me suivre, s'il vous plaît. J'ai besoin de quelques renseignements. Après vous pourrez la voir, je vous le promets."

Son sourire le rassura quelque peu et il acquiesça vaguement, lui emboîtant le pas, mais chaque partie de son corps semblant protester contre l'éloignement forcé... Tous deux entrèrent dans un petit bureau qui ressemblait fort à celui d'une sage-femme ... en l'occurence, son interlocutrice en était une. Sur une parcelle de mur, de nombreuses photos de nourrissons étaient affichées, ce qui attira son regard.

" Vous êtes donc le père, je présume ? "

Reconcentrant son attention sur elle, il s'aperçut qu'elle était en train de remplir un petit formulaire et il acquiesça nerveusement.

" C'est votre femme ..? "

Il balbutia comme réponse :

" Presque ... nous sommes fiancés ... "

Elle acquiesça et continua de noter.

" J'ai donc besoin de son nom, son prénom, ses coordonnées fixes bien sûr, sa situation, son âge ... "

Sans rechigner mais un peu impatient, il lui donna toutes les informations qu'elle désirait obtenir, joignant les siennes lorsqu'elle les lui demandait. Il la renseigna sur ses antécédents et sur le nom de son gynécologue qui, par chance, était présent dans l'établissement et devait même sûrement être déjà auprès de Deirdre. Tandis qu'elle terminait de remplir le dossier à destination du personnel médical, il se dandinait d'un pied sur l'autre, finissant par oser demander :

" Je ... je peux aller la voir, maintenant ...? "

Compatissante, elle releva les yeux vers lui et lui sourit franchement. Il remarqua son air incroyablement bonhomme et maternel, avec ses longs cheveux châtains attachés en queue de cheval et ses yeux d'un gris pétillant. Certaines personnes devaient être faites d'office pour ce travail, il n'en douta pas un instant. Elle dégageait une aura de calme qui l'atteignit. Petit à petit, l'idée se frayait que sa bien-aimée était entre de bonnes mains, et que rien ne pourrait leur arriver de mal ... à tous les trois.

" Bien sûr. Elle n'est pas encore en salle de travail, pour le moment nous attendons que les contractions soient plus fréquentes. Mais à mon avis, ça ne devrait plus tarder. "

Le dossier sous le bras, elle sortit et il la suivit de près, totalement imperméable à tout ce qui l'entourait. Enfin, ils s'arrêtèrent devant la porte d'une petite chambre, mais au moment où il tendait la main pour l'ouvrir, elle l'arrêta d'un geste chaleureux, posé sur son avant-bras et interrompant ainsi son geste.

" Ne vous faites pas de soucis. Elle est solide, en dépit des apparences. Tout se passera bien. Réconfortez là et soutenez-là de votre mieux, elle en aura besoin. Pour le reste, laissez-nous faire, entendu ? N'hésitez pas à m'appeler en cas de problèmes. "

Elle s'éloigna, toujours souriante, le laissant figé sur place pendant quelques secondes avant qu'il ne se secoue, et ne pénétre dans la chambre, rejoignant aussitôt Deirdre, allongée sur un lit et déjà vêtue d'une chemise d'hôpital lui arrivant jusqu'au milieu des cuisses.

" Ma chérie ... "

Encore un peu soucieux, bien que davantage rasséréné, il posa un baiser au coin de ses lèvres et lui prit la main, la serrant aussi fort que possible.

" Comment tu te sens ...? "
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MessageSujet: Re: Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan   Mar 10 Aoû 2010 - 12:27

    Lorsqu'il déposa ce baiser sur sa tempe, un calme temporaire glissa en elle et la remplit totalement. Pour combien de temps allait-il durer, ça, c'était une énigme complète. Heureusement qu'il était là, qu'il n'était pas au travail. Oui, parce qu'il devait encore travailler, malgré l'état de sa fiancée, même si il faisait tout ce qu'il pouvait à la maison, afin de rester avec elle et la surveiller, surtout au vu de son âge, et de son état de santé. Si elle faisait un malaise et tombait.. Cela aurait été catastrophique, alors il l'avait nourri, l'avait obligé à bien s'hydrater, à bien se reposer. Une véritable infirmière attentionnée. Une fois rentrés dans le hall, il la prit dans ses bras, et elle ne protesta pas. Elle n'était pas sure d'encore arriver à tenir correctement sur ses jambes, et qu'il la prenne dans ses bras et la porte la rassurait. Elle se sentait elle-même au bord du malaise, si elle avait su, elle aurait mieux mangé ce matin, quitte à forcer sa faim. Tout son corps se trouvait affaibli, mais malgré cela, elle réussit à retenir les gémissements de douleur dans le hall, gardant sa convenance. Aucun mot n'eut à être formuler pour qu'une équipe arrive et prenne la jeune mère en charge. Elle quitta les bras réconfortants de son compagnon avec une petite moue : elle avait besoin de lui.

    Un infirmier la rassura aussitôt en lui disant que ''son mari'' serait bientôt de retour, qu'il remplissait juste les formulaires d'admission avec la sage femme. Acquiesçant doucement, elle demanda à parler au ginécologue qui avait suivi sa grossesse. Elle fut emmenée dans une chambre et l'infirmier fut remplacé par une infirmière, qui l'assista, malgré les trop fréquentes doulours à s'habiller de cette immonde chemise que l'on a tous cauchemardé de porter un jour. Qu'y a-t-il de plus moche à porter ? Qui ne s'est jamais posé la question de savoir si ces horribles chemises que l'on montre dans les séries télé sont réellement mises dans les hôpitaux ? Bon, okay, y'a pas beaucoup de monde en réalité qui se l'est demandé. Et bien, quand on accouche, on la met vraiment. Et je peux vous dire qu'en cet instant précis, Deirdre se sentait presque nue dans une chambre ouverte, et ça en était désagréable, et elle aurait pu en rougir si les contractions ne l'empêchaient pas de se concentrer comme il faut. Du moins, de se focaliser là dessus.

    Et ce fut en s'allongeant sur le lit pour attendre le gynécologue et le retour de son fiancé qu'elle se mit à réfléchir. Elle allait être mère, putain ! (Désolé de l'insulte, mais c'était .. important pour comprendre son état d'esprit.) Elle allait donner la vie. Elle allait donner une famille. Elle allait avoir un fils. Son fils. Le sien, le seul et unique. Et si elle n'était pas une bonne mère ? Cette peur la hantait malgré elle, et restait là, dans un coin de son esprit, prête à surgir à tout moment : elle n'avait pas eu une bonne mère, et si elle ne savait pas comment donner de l'amour à son enfant ? Comment l'élever ? Comment l'éduquer ? Et si il finissait dans la drogue, tout comme elle, elle l'avait fait ? Une nouveau vertige la saisit et elle ferma les yeux. Ce fut l'image de son fiancé qu'elle vit sur la peau de ses paupières closes. Son fiancé qui tenait un poupon avec cet air fier, tendre, protecteur, et en même temps un peu dur sans être rigide qu'ont les pères sur leurs enfants, et ce fut à ce moment que sa peur s'envola. Il n'y avait pas à avoir peur, il aurait de bons parents, cet enfant. Des parents aimants.


    ''Mademoiselle Haisen ?''

    Deirdre grimaça automatiquement, et ce pour deux raisons très simples : D'une, il avait interrompu sa vision enchanteresse, et ça aurait suffi à ce qu'elle se mordille la lèvre. De deux : Il l'avait appelé Haisen. Et ça, c'était une raison suffisante pour qu'elle grimace. Elle haïssait son nom tout autant que ses géniteurs. Et elle bénissait le jour où Eoghan l'avait demandé en mariage, lui avait proposé de porter son nom jusqu'à la mort, de s'unir à lui, pour toujours et à jamais. Lors de cette danse parfaite... Mais elle fut à nouveau coupée dans ses pensées par son gynécologue ;

    ''Oh oui, excusez-moi. Madame Ytherfild. Comment vous sentez-vous ?''

    Rapidement, la jeune femme fit un état des lieux de son corps. Tout semblait fonctionner.

    « Si on oublie les contractions.. Ca va. »

    Son médecin ouvrit son carnet et commença à noter les informations essentielles, qu'il connaissait déjà, avant de s'intéresser à son état.

    ''Vertiges ? Nausées ?''

    La jeune femme soupira et reposa la tête sur l'oreille.

    « Non, je me sens juste.. complètement faible, comme si j'allais tomber dans les pommes d'un instant à l'autre. Est-ce que normal ? »


    Le gynécologue acquiesça et la rassura aussitôt : dans son état physique, il était tout à fait normal qu'un effort demandé aussi puissamment au corps ne rappelle un peu la jeune femme à l'ordre. Poussant un soupir, ils discutèrent encore un peu de l'accouchement : comment cela se passait, qu'attendaient-ils, pourquoi ne commençait-elle pas le travail, quand aurait-elle droit à la péridurale, ce qui fallait faire, ne pas faire, etc.. Elle posait la moindre question qui lui viendrait à l'esprit. Mais la plus importante arriva ensuite :

    « Est-ce que mon fiancé sera là ? Et surtout... Est-ce que je risque de m'évanouir .. pendant l'accouchement ? »

    Le gynécologue entendit les questions, et y répondit doucement. Surement les femmes avaient-elles souvent besoin de réconfort, et d'être rassurée, aussi, le ton un peu paternaliste du médecin ne la choqua pas du tout. Bien qu'elle revit dans cet échange de parole là la façon avec laquelle Eoghan lui parlait parfois, lorsque ce qu'elle disait était dénuée de sens, ou qu'elle s'apprêtait à faire une bêtise.

    ''Votre fiancé pourra venir vous soutenir, bien sur, tant qu'il reste calme et ne s'occupe que de vous et nous laisse faire notre travail. Quant au malaise.. Oui, cela peut arriver. Mais nous devons l'éviter, aussi, nous allons vous faire une infusion de sucre afin de palier d'éventuels manque et de vous apporter un peu d'énergie, d'accord ? Votre métabolisme en a grandement besoin. »

    La jeune femme acquiesça à nouveau puis son docteur s'excusa de devoir la laisser, ayant d'autres patients qui l'attendent. Poussant un soupir, elle tenta de s'allonger en ignorant les crispations trop régulièrement de son ventre qui la faisait souffrir : Si Dieu existait, il se trouvait bien cruel pour ses créatures. Et puis enfin, au bout de quelques minutes supplémentaires, son fiancé entra dans la pièce, et vint immédiatement à côté d'elle.

    " Ma chérie ... "

    La jeune femme frissonna doucement. Il avait réellement une façon de prononcer les choses, de les faire lentement couler sur sa langue, il la faisait complètement fondre. Et même dans ces moments-là, elle ne pouvait que dire combien elle le trouvait magnifique, jour après jour. Il l'embrassa tendrement au coin des lèvres et prit sa main, qu'elle serra également dans la sienne.

    " Comment tu te sens ...? "

    La rouquine poussa un soupir : Deuxième question du genre, mais elle était contente qu'il s'inquiète pour elle – comme si il n'allait pas le faire dans son état, allez chercher – et posa un baiser sur son front.


    « Ca va. Les contractions deviennent plus fortes et je me sens un peu faible. On va d'ailleurs me faire une infusion de sucre et de je-ne-sais-plus-quoi pour éviter que je ne fasse un malaise.. et toi, comment vas-tu ? »

    Posant la main sur sa joue, elle lui sourit tendrement malgré la douleur qui faisait s'élever parfois le coin de ses lèvres en un rictus tendu, et elle lui murmura doucement :


    « Tu t'inquiètes, n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, tout se passera bien ! »

    Il y avait des raisons pour que cela se passe mal, et elle en avait conscience : Elle était trop jeune, surement pas encore totalement formée, elle était une ex-droguée, son corps était constamment faible pour des raisons de drogue et de métabolisme, elle avait toujours été encline aux malaises et aux vertiges, sensible à la chaleur : elle accouchait en début d'été. Mais elle avait au moins une raison pour laquelle elle était rassérénée : elle était à l'hôpital, donc entre de bonnes mains, et son fiancé était là. D'ailleurs, elle posa les yeux dans les siens, et lui sourit à nouveau :

    « Merci d'être là, tout le temps avec moi. »

    Bien sur, cette phrase ne parlait pas que de l'accouchement, elle sous-entendait beaucoup d'autres choses.

    Enfin, une infirmière arriva et lui fit son injection. Deirdre tourna la tête et la regarda faire, et sut dors et déjà qu'elle était devenue blême. Elle n'avait jamais supporté les piqures, c'était maladif. Bien qu'elle aurait du être habituée après s'être piquée pendant un an régulièrement.. mais non, à chaque fois, ça la foutait au bord du vertige – et encore, elle s'interdisait de penser à la péridurale. Et elle avait toujours eu ce réflexe stupide : Beaucoup de gens, lorsqu'ils craignent quelque chose, évites de le regarder : elle faisait le contraire. Au lieu de détourner la tête et fermer les yeux, elle les gardait ouverts et regardait l'aiguille piquer et percer sa peau.

    Ils n'attendirent pas bien longtemps avec qu'une sage femme ne vienne la chercher et ne la mène en salle de travail avec son fiancé. Là, elle reçut la péridurale dans un gémissements de douleur. Si elle n'avait jamais aimé les piqures et les oubliait vite, elle était certaine de s'en souvenir de celle-là. Se rallongeant précautionneusement, elle lança un regard énigmatique à son fiancé, ne sachant même pas elle-même son humeur à ce moment précis :


    « Tu sais que pour la première fois de ma vie.. Aïe.. Je ressens de la compassion pour ma mère ? »

    Ses lèvres eurent à peine le temps de s'étirer un peu dans un sourire qu'elles se crispèrent à nouveau dans un gémissement. Vivement que la péridurale fasse effet, tiens. Comment les femmes faisaient-elles pour s'en passer, sérieusement ? Elles étaient folles, ou masochistes, au choix, ou un peu des deux. Deirdre soupira et attendit calmement – autant que possible du moins – que la sage femme puisse lui dire qu'elle était prête pour l'accouchement : autrement dit que son col soit assez dilaté, ce qui commençait à devenir long, soit dit en passant. Et puis, au bout de plusieurs longues et longues minutes, elle put commencer le travail. Elle allait mettre au monde son fils. Heureusement que la péridurale faisait effet – j'vous le dit.

    Et ce fut alors le tourbillon. Tout bougeait, tout se mouvait. La jeune femme en effet partagée entre vertiges, faiblesse, force, bonheur, douleur, amour. Elle criait parfois sur certains mouvements, les traits crispés en permanence. Elle sentit rapidement sa respiration se faire chaotique, ses gémissements perdus entre les 'poussez, mademoiselle', les 'allez, encore un peu de courage', et les 'Respirez ! Inspirez, expirez !'. Elle ne sut pas également si pour son fiancé elle lui broyait la main ou simplement la serrait fort, mais elle ne pouvait pas se contrôler à présent. Donner la vie était beau, mais c'était difficile, il fallait bien l'avouer.

    On dirait un tourbillon, une tempête en réalité. Sa tête tournait, et les sensations également. Physiquement, elle poussait son corps. Elle l'avait déjà poussé souvent auparavant, mais les courants de douleur, de bien être, de bonheur, de faiblesse qui la parcouraient tour à tour la faisait frissonner, trembler, transpirer. Elle sentait son visage moite, comme si la pluie y était tombé dessus et avait collé ses cheveux contre ses tempes. Elle n'aurait su mettre de mot sur ce qu'elle ressentait, et elle comprenait à présent toutes ses femmes qui, lorsqu'elles parlaient de leur accouchement, avait ce petit regard énigmatique : était-ce bien ? Était-ce mal ? Était-ce douloureux ? Non, elles avaient ce regard incompréhensible, les yeux un peu dans le vague, un vague sourire sur les lèvres, sans vraiment sourire complètement, cette petite étincelle dans le regard, la tête plus haute, plus fière. Toutes les mères aimant leurs enfants l'avaient, cette expression bien précise.

    Les minutes défilaient sans qu'elle ne s'en rende compte, à dire vrai, elle n'en avait rien à faire. Le temps importait peu – pour une fois, il ne fallait pas regarder sa montre parce qu'on était en retard à tel ou tel rendez-vous. Ce n'était plus l'affaire des secondes, des minutes ou des heures. A présent, c'était le bébé – la mise au monde. Elle mettait au monde.. Si quelqu'un lui avait dit durant sa longue année dans la rue qu'un jour, elle serait stabilisée, fiancée à un fils de bonne famille, qui l'aimait et qu'elle aimait, qu'elle donnerait naissance à son enfant, qu'elle finirait ses études... elle lui aurait rit au nez, et pas qu'un peu, d'un fou rire mémorable et épuisant. A présent, si elle riait, c'était de bonheur, et non de moquerie.

    Et enfin, ce fut la délivrance. La sage femme la fit s'allonger tandis que des pleurs s'élevaient dans la salle. Fermant les yeux, la jeune femme soupira un moment et tenta de reprendre un peu son souffle avant de reposer les yeux sur son fiancé et lui sourire avant de se redresser un peu, puisant encore un peu dans ses ressource afin de voir le visage de son poupon, de son bébé. C'était étrange de ne plus le sentir gesticuler dans son ventre, donner des coups de pieds ou de poings en se tournant. Poussant un long soupir, elle sourit comme jamais en le voyant enfin. Tendant les bras, la sage femme lui tendit son fils, et Deirdre l'accueillit dans ses bras en souriant, soutenant naturelle son corps de son bras, et sa tête de la main, avant de lui faire un sourire tendre et maternel ;


    « Kaleb.. »
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MessageSujet: Re: Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan   Sam 28 Aoû 2010 - 15:19

Eoghan peinait encore à croire que celle qu'il considérait comme sa femme, la personne pour qui il aurait pu tout donner sans regrets, allait accoucher de leur enfant. C'était un événement auquel ils s'étaient tous deux préparés durant les huit mois de grossesse, le bébé se montrant prématuré, et pourtant ... il lui semblait que c'était hier que, dans cette cuisine, dans sa maison, alors que la pluie fouettait durement le toit, elle lui avait annoncé sa paternité. Il avait alors sur l'instant rejeté cette folle idée. Un enfant .. Ils étaient si jeunes, quoique lui avait déjà atteint l'âge d'être père. Mais elle... Les craintes familières quant à sa santé ne le lâchaient pas, malgré l'air rassurant du personnel et des infirmières qui affirmaient que tout allait bien se passer. Il aurait voulu les croire et les suivre les yeux fermés. Mais il s'agissait de l'être qui était le plus cher à ses yeux sur cette terre. L'athée qu'il était au fond de lui protestait violemment, mais l'enfant tapi durant toutes ces années ressentait le besoin de prier. Prier qui ? Quoi ? Il ne le savait pas. Dieu ? La nature ? Les forces surhumaines qui les entourait ? Il se rendait compte qu'il n'était qu'un homme, bien en peine d'aider son aimée dans cette situation, et qui demeurerait condamné à attendre. Attendre et espérer. La plus cruelle des punitions pour un coeur amoureux.
Le plus dur était de lui dissimuler autant que possible sa propre nervosité, afin d'apaiser la sienne. Le plus gros du travail, ce serait à elle de l'exécuter, et il souhaitait de la voir mettre au monde dans une sérénité aussi puissante que possible.

Son portable, mit sur vibreur, s'agitait furieusement dans la poche de son pantalon, et il introduisit discrétement sa main dans sa poche pour l'éteindre sans d'autre considération. C'était sûrement le boulot, et pour l'heure, sa priorité était bien là, entre les quatre murs de cette chambre transitoire.
Le jeune homme effleura du bout des doigts le ventre tendu comme un ballon de sa compagne, secouant la tête avant de rire brièvement et de se passer une main sur sur le visage, soufflant un bon coup. Un montée d'adrénaline dans les veines le maintenait plongé dans un état qu'il ne parvenait pas à définir. Pas désagréable, mais qui le laisserait pantelant à la fin de la journée il en était persuadé. Cependant, le baiser qu'elle lui offrit modérait l'énorme quantité d'énergie qui semblait le consumer, de même que ses paroles, rassurantes.


« Ca va. Les contractions deviennent plus fortes et je me sens un peu faible. On va d'ailleurs me faire une infusion de sucre et de je-ne-sais-plus-quoi pour éviter que je ne fasse un malaise.. et toi, comment vas-tu ? »

Acquiesçant, il flatta de nouveau le ventre de l'adolescente sans appuyer pour ne pas lui causer une tension supplémentaire. Il ne répondit pas, ignorant comment lui traduire verbalement ce qu'il ressentait. Et le regard, dans cette situation, ne lui apparaissait pas comme suffisant pour lui faire comprendre. Puis, comme si elle avait perçu ce qui se tramait en lui, une main chaude trouva sa place sur sa joue, lui faisant relever ses yeux bleus dans les siens.

« Tu t'inquiètes, n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, tout se passera bien ! »

Perspicace ... Eoghan hocha la tête à son intention. Pas question de se montrer moins courageux qu'elle sur ce coup-là, quand même ...

« Merci d'être là, tout le temps avec moi. »

Aussitôt, il comprit que cette phrase toute simple en apparence inglobait bien plus de choses que l'événement qui s'apprêtait à bouleverser leur vie à tous les deux. Il lui sourit tendrement en secouant la tête. Elle n'avait pas à le remercier. C'était lui qui devrait plutôt se jeter à ses genoux et la recouvrir de toute sa reconnaissance pour l'avoir sauvé. Elle l'avait délivré de son malaise et de ses regrets, de son remord et de sa honte à n'être pas devenu le digne fils de son père. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche quand il fut interrompu par une infirmière. Se redressant en poussant un léger soupir, il se recula plus en amont du lit, restant près de sa fiancée. Il ne put s'empêcher de grimacer : lui-même n'avait jamais été très enthousiasmé par les piqûres. Qui l'était, par ailleurs ? Par égard pour Deirdre, il lui caressa la joue du bout des doigts, s'inquiétant de la voir si pâle mais se doutant qu'il s'agissait sans doute de cette peur qui la saisissait dès lors qu'elle avait affaire avec une aiguille, qu'importait la taille. Paradoxal, pour une ancienne droguée ...

Coupant court à ses réflexions, on conduisit la future mère en direction de la salle de travail. Durant le trajet, il ne lâcha pas sa main un seul instant, se concentrant sur le toucher agréable de ses doigts plutôt que sur l'odeur d'éther qui, dans un contexte différent, lui aurait sûrement mis les larmes aux yeux.
Et puis brusquement, la réalité dans toute sa splendeur. Monitoring. Infirmières attentives. Au moins, le bébé semblait aller parfaitement bien, selon les résultats que s'empressèrent de leur donner l'équipe médicale. Le sourire figé sur ses lèvres était faux, destiné à se rassurer lui-même. Il ne comprenait pas. Il pouvait déblatérer des heures sur un dossier devant toute une salle de réunion, affronter des collégues ayant trente ans d'expérience de plus que lui, mais se sentait terrifié devant la naissance d'un bout de chou de moins de cinquante centimètres ...
Et ce n'était encore rien devant la taille de l'aiguille pour la péridurale ... On ne le laissa d'ailleurs pas assister au spectacle et ce fut sans s'en rappeler qu'il enfila ce qu'on lui donna dans un petit sas attenant pour protéger le petit de toute bactérie trop dangereuse. Ses doigts tremblaient lorsqu'il s'employa à ficeler derrière sa tête ce qui couvrirait sa bouche.

Lorsqu'il revint dans la salle, il n'eut pas besoin de recevoir de directives pour se placer derrière Deirdre et aussitôt saisir une de ses mains dans la sienne, l'autre posée sur son épaule, son visage posé avec douceur contre le sien. La péridurale au moins, l'empêchait de souffrir et il pouvait lui parler à l'oreille tout en sachant pertinemment qu'elle l'entendait, et qu'elle pourrait lui répondre si elle en manifestait l'envie.


« Tu sais que pour la première fois de ma vie.. Aïe.. Je ressens de la compassion pour ma mère ? »

Ses iris bleutés ne cachèrent pas sa surprise, avant qu'il ne réalise effectivement que si il y avait bien une chose qui pouvait lier quelque part une bonne partie des femmes sur la terre, c'était bien la sensation de la mise au monde.
La phase de travail ? Eprouvante. Eoghan avait l'impression de souffrir à sa place, et sa lèvre inférieure subissait les assauts enragés de ses dents dès qu'il cessait de vouloir parler à Deirdre. Il n'entendait même pas les médecins et sage-femmes qui s'activaient sans relâche autour d'elle. Sa main rendait l'étreinte désespérée de la sienne, et il crut la voir défaillir lorsque l'on annonça que la dernière étape approchait : celle de l'expulsion.
Le jeune homme étouffait. Il avait envie de rire et de pleurer à la fois. La nuit était tombée, mais ils ne pouvaient s'en apercevoir de là où ils se trouvaient. Car c'était leur enfant qui allait échapper justement à cette longue nuit passée dans le ventre de sa mère.

Lorsque sa fiancée s'arqua une dernière fois dans un gémissement comme déchirant et libérateur à la fois, un tressaillement le saisit. Il y eut une fraction de seconde où le silence lui parut une éternité. Et puis un cri. Un petit gaillard qui braillait à plein poumons et qui faisait également couler des larmes de joie sur les joues de son père. Par chance, ce ne fut pas lui qui coupa le cordon ( il n'en aurait été sûrement pas capable ), mais son coeur manqua un battement lorsqu'on posa le nourisson sur le ventre de l'adolescente, qui n'en était plus tout à fait une.


« Kaleb.. »

Alors le voilà... Enfin. Un sourire complètement idiot aux lèvres, sa tempe posée contre celle de l'amour de sa vie, il n'arrivait pas à détacher les yeux du fruit de leur passion et de leur tendresse à tous les deux. Il tendit son doigt, démesuré par rapport à la joue du bébé, et l'effleura, aussi légérement que possible. Doucement, une sage-femme le reprit, afin de le nettoyer et de laisser le temps aux deux parents de souffler.
Aussi épuisé qu'après avoir couru un marathon mais se sentant le plus heureux des hommes, il pressa encore une fois la main de sa bien-aimée, lui murmurant un mot venu de loin ... de très loin. Sa voix plus émue et rauque que jamais.


" Merci... "
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MessageSujet: Re: Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan   Sam 28 Aoû 2010 - 15:26

    Post fini sur cette merveilleuse déclaration =)
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Fini -| Acte d'amour, jouissance douloureuse |- Eoghan

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