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 Le Mal a dit

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MessageSujet: Le Mal a dit   Mar 24 Mai 2016 - 19:30


Décharge électrique, comme un puissant coup de batte, dans le haut des reins. Seiho grimace, gardant les yeux fermés et se roule en boule, genoux contre poitrine, front contre matelas. Il retient son souffle un instant, puis le relâche dans un gémissement à peine audible, mais expressivement douloureux. Le réveil de cette façon, au beau milieu de la nuit, est bien loin d'être agréable, mais c'est récurrent depuis plusieurs semaines. Suffisamment maintenant pour qu'il se soit décidé la veille à consulter. Il relève la tête, toujours positionné en fœtus malheureux, et jette sa main sur son téléphone portable, le ramenant vers lui, l'arrachant au câble de recharge pour regarder l'heure. Soupir, gros soupir. Il réactive la luminosité pour vérifier : 4h54. Merde. Encore un soupir, il rejette l'appareil dans le lit, tandis que lui se lève, dépliant lentement son dos meurtri.

Pas traînants jusqu'au réfrigérateur, il l'ouvre, tire la tronche face à la lumière trop vive et se penche légèrement pour constater qu'il ne reste presque rien à manger, mais suffisamment à boire pour calmer son alcoolisme naissant. Son problème est musculaire. Du moins, c'est ce qu'il se force à croire : les muscles, c'est toujours nettement moins contraignant à soigner que le reste. Contraignant, c'est le mot pour rester poli. La bière est un décontractant naturel, très conseillé après un effort physique de longue durée, comme la randonnée. Ou le métier de pompier. Ce qui explique sûrement son addiction. Ou pas. Là encore, c'est ce qu'il se force à croire pour ne pas avouer qu'il est malade.

Le bruit de la capsule qui craque l'aluminium, unique jouissance qu'il entretient régulièrement depuis des mois, le fait déjà se sentir mieux. Il boit une grande goulée, puis deux, repose la bière et tend son dos vers l'arrière, la main appuyée sur l'armoire au cas où son corps lui fasse faux-bond. Les vertèbres craquent, électrisant une nouvelle fois l'échine, lui coupant le souffle, cette fois. Il grogne, tape violemment sa main contre l'armoire, pour finir par la secouer, s'insurgeant intérieurement d'imbécile. Là aussi, c'est le mot pour rester poli. Nouvelle goulée de bière, canette déjà presqu'à moitié vide. Il se met au sol, s'allonge sur le ventre, serre les pieds et monte sur ses coudes, veillant à bien sortir des omoplates et lisser son corps. Il gaine. A 4h59 du matin, après une garde de 24h, à décaler toute la nuit, faire du sport toute la journée pour entraîner l'équipe de JSP et entretenir celle de volontaires.

Tout est normal. Dans le monde de Seiho.

Il relâche, fait une pause, remonte en gainage. Encore et encore. Session d'une minute en tension, trente secondes en repos. Une petite dizaine de fois, jusqu'à ce que ses muscles soient chauds. Il vide sa bière, laisse traîner la canette, enfile un boxer, un jogging et un sweat. Il claque la porte de son appartement derrière lui, elle se rouvre. Salope et tant pis pour la politesse et tant pis pour la porte qu'il laisse ouverte, se disant simplement qu'aucun de ses voisins ne sort à 5h du mat', contrairement à lui. Il dévale les marches, pousse la porte de l'entrée, fracturé la veille pour tentative de cambriolage. Peut-être pas une si bonne idée que ça, de laisser la porte de son appart' ouverte. Mais la pensée s'éradique aussi rapidement qu'elle lui est venue à l'esprit sitôt la première foulée de course amorcée.

6h, Seiho remonte les marches, en profitant pour faire ses étirements. La porte, toujours ouverte, l'accueille dans son taudis. Il verrouille, sème ses vêtements sur le chemin de la douche et se jette sous un jet d'eau glacée, directement sur son dos. Le gémissement se transforme en petit cri de douleur. Mignon. Tellement viril. Il grimace, mais ne s'échappe pas de la torture, alors que le soulagement gagne lentement du terrain. Trop lentement.

La carte de visite traîne sur sa table basse, entre les cadavres de bières vidées la veille et le malbouffe à emporte qu'il est allé chercher dans la rue en bas de chez lui. Comme il est vivement conseillé de fumer après un effort physique, Seiho s'en grille une, poumon gonflé à bloc de nicotine, goudron et autres saletés. Mauvaise habitude qu'il a repris depuis peu de temps, depuis que les douleurs au dos se sont faites de plus en plus récurrentes et de plus en plus intenses. Mauvaise habitude qu'il avait perdu depuis son retour au Japon et qu'il a repris de plus belle. Comme quoi, il ne faut jamais s'arrêter... Il tourne et tourne la carte entre ses doigts, la fixant sans ciller. Jusqu'à ce que les écritures de fumées de la clope ne lui brûle vicieusement la rétine. Jamais très agréable.

Fringues propres sur le dos, un coup d’œil à son téléphone : 7h. Bon. Les horaires d'ouverture du cabinet ne sont pas inscrits sur la carte. Un détour, un bon détour, et il devrait y être pour 8h. En espérant que ce soit bon. Il se connaît: il sait que, s'il y va et que le cabinet n'est pas encore ouvert, il n'y retournera pas. Tout le monde n'a pas droit à sa deuxième chance, en ce monde. Il ferme correctement la porte de son appartement et dévale les marches. Seulement deux suffisent à lui rappeler qu'il va devoir laisser plusieurs chances à cette demoiselle. A peine dans la rue, il fait glisser la capuche de son sweat sur son crâne et enfonce les mains dans les poches de son jeans. Le plus antipathique possible, il prend sur sa gauche, à l'opposé de là où il veut aller.

8h, à l'image d'une course contre la montre qu'il gagnerait haut la main, il enfonce le bouton de la sonnette du cabinet, capuche toujours vissée sur sa tête, remettant bien vite les mains dans les poches de son sweat, cette fois. Il aurai dû fumer une cigarette avant de sonner. Il tique, bruit de bouche désagréable, et soupire enfin, en regardant ses pieds, déjà las d'attendre sur le seuil de cette porte, près à bondir une seconde fois sur la sonnette.
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Maitre de : Painson Koy

MessageSujet: Re: Le Mal a dit   Jeu 26 Mai 2016 - 18:10


    6h15… Son téléphone portable sonne, Opal ouvre doucement les yeux, garde la tête sur l’oreiller mais cherche du bout des doigts son réveil improvisé qui alterne musique basique de son répertoire et vibrations sur la table de nuit. Elle déverrouille l’écran sans vraiment le regarder, dans un geste mécanique, sans même savoir s’il s’agissait réellement d’une alarme qu’elle avait programmé ou si elle avait reçu un appel. A cet instant précis ça lui importait peu. La jeune femme n’avait pas la prétention de vouloir se rendormir, dès qu’elle était tirée de son sommeil, s’y replonger était une tâche délicate. Elle finissait toujours par se lever ne parvenant pas à retrouver les bras de Morphée. Aujourd’hui encore, elle n’y échappait pas, elle se glissait hors de son lit, allant directement dans la salle de bain. Malgré la présence de Koy dans la chambre d’à coté et le fait qu’il pouvait être n’importe où dans l’appartement quand elle se levait le matin : elle dormait toujours nue, surtout avec les beaux jours qui s’installaient durablement. Ce qui avait changé suite à l’installation du neko c’est qu’elle ne se promenait plus chez elle sans rien sur le dos. Si ce n’est pour faire le chemin suivant : chambre/salle d’eau.

    Opal n’avait jamais été pudique, elle ferma la porte et alla sous la douche. Quelques minutes à peine, elle enroula une serviette autour de ses courbes et retourna dans sa chambre pour s’habiller. Poursuivant le fil de ses matinées qui se ressemblaient quand elle allait travailler. Bien qu’elle était en avance, elle en profiterait pour passer un peu plus de temps sur son lieu de travail. En y repensant la jeune femme faisait presque autant de déplacements à domicile que de consultations fixes, elle était donc moins souvent dans son cabinet d’ostéopathie ces derniers temps. Une tendance qu’elle n’expliquait pas encore. Elle laissa quelques instructions à Koy, le neko resterait à l’appartement ce matin vu qu’il y avait de quoi s’occuper ici mais ils passeraient sûrement l’après-midi ensemble. Bien que rien ne soit encore bien défini, les jours s’organisaient à la dernière minute, mais cela ne semblait pas le déranger tant que ça. Elle partit donc, en route vers Shibuya…

    7h30, elle saisissait les clés du bâtiment pour y pénétrer. Elle claqua faiblement la porte qui se verrouilla de l’intérieur. Opal s’avança jusqu’à son bureau, elle déposa sa veste en cuir sur l’un des portants derrière sa chaise de bureau. La jeune femme alluma ensuite son ordinateur avant de remonter les manches de son chemisier blanc. Découvrant ainsi une partie de ses avant-bras, ce qui laissait apercevoir une partie de ses tatouages. Il faisait bon dans la pièce. Sans que cela ne soit étouffant non plus. Elle attacha ses cheveux en queue de cheval et consulta son agenda pour la matinée sans même s’asseoir. Deux rendez-vous, et avec un peu d’intervalle. Elle déposa son portable en évidence sur le bureau, pour être sûre d’être joignable. Elle avait un peu de temps devant elle, elle en profitait donc pour jeter un coup d’œil sur sa compatibilité. Un classeur entre les mains, la jeune femme se posait sur son fauteuil, qui était du genre ergonomique. 7h59…Le bruit significatif de la sonnette l’interpella, mais elle prit quand même le temps d’aller ranger son dossier à sa place initiale.

    Elle se déplaça assez rapidement jusqu’à l’entrée, jeta un bref regard à l’horloge près de la salle d’attente. 8h01, elle n’attendait personne aussi tôt. Mais alla tout de même à la rencontre de l’inconnu. Opal posa sa main sur la poignée qu’elle enclenchait vers elle, laissant entrer l’air matinal, plus frais de l’extérieur. Découvrant peu à peu ses traits, son regard prêt à distinguer un quelque conque signe de vie…Mais elle ne remarqua qu’une silhouette mystérieusement capuchonnée, sweat épais et mains dans les poches. Etrangement pourtant elle comprenait quasiment instantanément que cette présence n’était pas un hasard ou un banal porte-à-porte qui l’importunerait. Simplement elle lança :

    " Bonjour, vous pouvez entrer... "

    Opal se décalait sur le côté, silencieusement après son invitation, lui accordant un passage et toute son attention…
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MessageSujet: Re: Le Mal a dit   Mer 1 Juin 2016 - 22:26


Finalement, aucunement le temps d'assouvir la pulsion naissante de sonner une seconde fois. Envie tuée dans l’œuf, il relève suffisamment le nez pour planter son regard dans celui de la jeune femme. Jolis yeux qu'il ne peut voir pourtant qu'une petite seconde, puisqu'elle se décale déjà sur le côté pour lui laisser la place d'entrer. Sans se faire prier, il se glisse avec une aisance gauche dans la pièce. Se la jouer matou n'avait jamais été son fort et encore moins avec ce foutu dos bloqué. Il retire les mains de ses poches, capuche dans la foulée. Regard circulaire sur la pièce, pour souffler finalement un "bonjour", audible mais peu entreprenant, sans un regard.

Lui emboîter le pas pour la suivre dans le cabinet. Il fait trop chaud, Seiho tique de n'avoir enfiler qu'un sweat, une nouvelle fois à même la peau. Habitude qu'il allait devoir abandonner, l'été se profilant. Nouveau regard sur la nouvelle pièce, sobre, accueillante. Pourtant peu à l'aise, il n'ose pas s'asseoir sur la chaise, doutant du fait de pouvoir s'en relever.
C'est le dos. Depuis plusieurs semaines, les douleurs me réveillent la nuit et j'ai de plus en plus de mal à ce que ça ne se remarque pas trop au boulot...


Enfin. Enfin, la tête se tourne et le regard se pose sur la jeune femme. Enfin, il l'observe. De haut en bas, de ce qu'il peut voir. Un si petit gabarit va pouvoir détendre son corps ? Question muette, extériorisée par un haussement de sourcil. Rapide, furtif. Nouveau détournement des yeux.
Je ne porte pas de t-shirt, je dois enlever le sweat ?


S'il n'a pas l'air ni farouche, ni jeunot, le ton de la voix résonne comme celui d'un enfant déjà coupable et puni de sa bêtise, jugé trop vite. A la volée, coup d’œil à la porte entrouverte, derrière le bureau de l’ostéopathe. Rapide, sans arrière pensée. Vide. Retour à elle, ses formes survolées et regard de nouveau planté dans le sien, fixé pour la première fois.
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Maitre de : Painson Koy

MessageSujet: Re: Le Mal a dit   Lun 13 Juin 2016 - 17:17

    Ils étaient maintenant dans son bureau, Opal alla passer sa blouse blanche qu’elle ne ferma pas. Habitude de la laisser entre-ouverte elle travaillait toujours comme ça. La jeune femme se retourna vers lui. Qui était toujours debout elle comprit pourquoi quand il lui annonça la raison de sa venue. Un mal de dos, c’est assez fréquent mais ça semblait bien ancré pour qu’il ne veuille pas s’asseoir. Souris d’ordinateur en main elle ouvrit une fiche patient même si devant l’urgence elle ne lui demanderait pas les renseignements habituels pour la constitution du dossier. Elle lui volerait les informations en cours de quelques questions qu’elle annoterait plus tard. Même si c’était de la paperasse ça avait son importance surtout pour le suivi. Et pour quelques fois quelques contre-indications. Son travail lui paraissait déterminant elle pouvait le concevoir, elle passa prés de lui alors qu’il lui avouait ne rien porter sous son sweat. Opal fit un signe négatif de la tête, en soit ce n’était pas grave, il devrait se dévêtir quoi qu’il arrive donc bon, elle ajouta :

    " Ce n’est pas un problème, enlevez-le. Vous pouvez le poser sur la chaise en face de vous. "

    Elle se déplaça ensuite jusqu’à sa table de manipulation en poursuivant :

    " On va voir ça de suite, on verra pour les papiers plus tard. Vous travaillez aujourd’hui ? Dans l’idéal j’espère que la réponse sera négative, il vaut mieux être au repos après une manipulation mais si vous ne pouvez pas faire autrement je comprendrais aussi, on ira plus doucement et progressivement. "

    Sous-entendu on va se revoir… Et assez rapidement. Mais elle disait vrai, l’ostéopathie peut avoir un côté un peu…Brutale et le corps de chacun réagit à sa façon. Certains ont mal, d’autres se sentent fatigués après une séance…
    Opal allait avoir besoin d’un minimum de renseignements cependant et l’heure des questions se profilait sagement :

    " Je vais devoir vous posez pas mal de question, vous avez vu un ostéopathe ou un kiné récemment ? "

    Il se déshabilla, lui dévoilant le haut de son buste. Laissant apparaître des courbes travaillées, des traits musclés. Lui offrant une vue d’ensemble sur ses nombreux tatouages. Un sourire léger mais présent se dessina sur ses lèvres.

    " Vos tatouages sont récents ? "

    Ce n’était pas curiosité déplacée, chose qu’elle lui précisa brièvement :

    " Je vous pose la question, c’est un facteur qui a son rôle à jouer dans mes manipulations. "

    La jeune femme l’invita à venir prés d’elle. Qu’elle puisse le détailler davantage. Le voir dans sa globalité et surtout pour un premier diagnostic rapproché.

    " Est-ce que vous pouvez me dire avec exactitude où vous avez cette douleur ? Et depuis combien de temps ? D’autres endroits sensibles ? "

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